Tensions sociales à Metalkol : les travailleurs dénoncent le non-respect des accords

Tensions sociales à Metalkol : les travailleurs dénoncent le non-respect des accords

À l’entreprise minière Metalkol, la tension est montée d’un cran ce mercredi 29 avril 2026. Les travailleurs de cette unité minière ont quitté leurs postes et se sont rassemblés pour exprimer leur ras-le-bol face à ce qu’ils qualifient de non-respect répété de leurs droits par la nouvelle direction.

Selon plusieurs employés, la situation actuelle est inédite depuis près de huit ans, « Nous n’avons jamais connu une telle situation. Avec l’ancienne équipe, le dialogue était possible. Aujourd’hui, aucune de nos revendications n’est prise en compte », déplore Elie Mbumb  représentant du banc syndical.

Une convention collective non appliquée

Au cœur du conflit, une convention collective conclue entre les travailleurs et l’entreprise. Celle-ci devait entrer en application dès le mois de mars, mais, selon les salariés, les engagements n’ont pas été respectés.

La direction aurait promis, via la communication interne, une application avec effet rétroactif. Une annonce qui avait temporairement apaisé les tensions. Mais sur le terrain, les travailleurs affirment avoir effectué jusqu’à 80 % de leurs heures de travail sans percevoir un salaire conforme aux accords.

Désaccord sur le SMIG et les salaires

Un autre point de discorde concerne l’application du SMIG. Les travailleurs accusent l’entreprise d’utiliser un taux de change contesté, « Ils parlent d’un taux de 280, alors que le taux de référence de la Banque centrale est autour de 220. Cela impacte directement nos salaires », expliquent-ils, à travers le représentant du banc syndical.

Selon leurs calculs, une application correcte du taux devrait garantir un minimum d’environ 255 dollars, ce qui ne serait pas respecté.

Polémique autour de l’assurance santé

La mise en place d’une assurance santé a également suscité de vives critiques. Les employés affirment qu’elle leur a été imposée sans concertation, en contradiction avec la législation congolaise.

Ils dénoncent notamment des plafonds jugés insuffisants pour les soins lourds. « Par exemple, pour un parent dialyse, le salaire est à 2 000 dollars. Ce sont les travailleurs les moins payés qui en souffrent le plus », affirment-ils.

Les relations entre les travailleurs et la direction des ressources humaines semblent profondément dégradées. Les représentants du personnel accusent le directeur en poste de refuser toute négociation.

Plus grave encore, ils dénoncent des tentatives de contact direct avec les travailleurs, en dehors des cadres légaux. « Il refuse de négocier avec les représentants, mais cherche à parler directement aux agents, ce qui est contraire aux règles », soutiennent-ils.

Des revendications radicales

Face à l’impasse, les travailleurs disent avoir saisi les autorités compétentes. Mais sur le terrain, la colère reste vive.

Parmi leurs principales revendications, ils soutiennent la démission du directeur général et de son équipe avant toute négociation. « Nous ne reprendrons pas le travail tant que ces conditions ne seront pas réunies », ont-ils conclu.

Ce mouvement met en lumière les fragilités du dialogue social dans certaines entreprises minières de la région. À Metalkol, où la production repose principalement sur le retraitement de résidus miniers, les travailleurs estiment que leurs conditions ne reflètent pas la rentabilité de l’activité.

L’évolution de cette crise pourrait dépendre de l’implication des autorités et de la capacité des deux parties à revenir à la table des négociations.
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Trésor Kasamba

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