Lubumbashi : La justice militaire frappe fort, 33 jeunes de partis politiques condamnés pour vandalisme
Le verdict est tombé comme un couperet. Dans une ambiance de tension électrique, la justice militaire a condamné, ce mardi, 33 jeunes affiliés à diverses formations politiques. Accusés de banditisme urbain et de troubles graves à l’ordre public, leur condamnation marque un tournant dans la stratégie de sécurisation de la ville, entre fermeté judiciaire et message politique.
Loin des cabinets feutrés, c’est en plein air, sous le regard d’une population divisée entre soulagement et stupéfaction, que l’audience foraine a rendu ses conclusions au stade Kibassa Maliba de la Kenya. Ces 33 prévenus, dont l’appartenance politique a été confirmée, étaient poursuivis pour des actes de violence ayant émaillé la capitale cuprifère ces dernières semaines.
Le tribunal n’a pas tremblé, les peines prononcées visent à faire date. Les personnes poursuivies, identifiées comme appartenant au groupe dirigé par Ngoie Kona alias Wa Ngolo ont été condamnés chacun à 20 ans de servitude pénale principale et à un paiement à chaque partie civile de la somme de 100.000 dollars en franc congolais et la restitution des biens endommagés.
Pour les observateurs, cette mise en scène de la loi avec des prévenus alignés devant les magistrats répond à une urgence sécuritaire. Il ne s’agit plus seulement de juger, mais de démontrer physiquement que l’uniforme et la loi ont repris le dessus sur les écuries politiques.
Ce verdict met en lumière une réalité souvent dénoncée à Lubumbashi, l’instrumentalisation de la jeunesse par les partis. Si le droit à l’activisme est garanti, le tribunal a tranché sur la frontière entre militantisme et criminalité de droit commun.
Si une grande partie de la société civile salue ce coup de semonce contre l’impunité, certains défenseurs des droits humains s’interrogent sur la rapidité des procédures lors de ces audiences foraines. Cependant, pour l’opinion publique lushoise, l’essentiel semble être ailleurs, dans la nécessité de dormir enfin en paix.
En attendant, les cellules de la prison de Kasapa se remplissent, et le calme, bien que fragile, pourrait se réinstaller dans les grandes artères de la ville, particulièrement dans la commune Kenya.
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Daniel FARAY
