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Lubumbashi : Les interpellations liées au port des cheveux longs au centre-ville suscitent des interrogations

Les forces de l’ordre intensifient les interpellations de jeunes hommes aux cheveux longs ou à la barbe non taillée dans le périmètre commercial. Si des sources sécuritaires évoquent le ciblage d’un mouvement politique précis, des plaintes font état de dérives financières sur le terrain.

Un dispositif sécuritaire renforcé au centre commercial

Depuis quelques jours et bien ce jeudi 02 juillet 2026, le centre-ville de Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga, fait l’objet d’une surveillance accrue de la part des forces de sécurité. Des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), agissant en coordination avec d’autres services de renseignements, ont établi des points de contrôle stationnaires dans plusieurs artères stratégiques. Les croisements des avenues Moero et Lomami, ainsi que l’intersection entre les avenues Lomami et Likasi, constituent les principaux points névralgiques de ce dispositif.

Sur place, les agents procèdent à l’interpellation systématique des passants présentant des caractéristiques physiques spécifiques, notamment le port de cheveux longs ou de barbes épaisses. Selon les observations directes, ces critères esthétiques semblent constituer le motif principal d’interception par les patrouilles, indépendamment de l’attitude ou de la présentation générale des personnes interpellées.

Une opération motivée par des raisons politiques selon des sources de sécurité

Approchée pour clarifier la nature de ces opérations, une source policière anonyme a indiqué que ces contrôles s’inscrivent dans le cadre d’une mission visant les membres de la Junafec, la branche de la jeunesse du parti UNAFEC (Union des nationalistes et fédéralistes du Congo). Les autorités chercheraient ainsi à contenir l’influence de ce groupe au sein du centre commercial de la capitale cuprifère.

Cependant, l’application de cette mesure soulève des difficultés opérationnelles. Faute de critères d’identification formels en dehors de l’aspect capillaire, de nombreux citoyens n’ayant aucun lien avec ce parti politique se retrouvent concernés par ces vagues d’interpellations lors de leurs déplacements quotidiens.

Des contestations autour des procédures de libération

Le déroulement des interpellations suscite également des controverses quant au respect des procédures légales. Plusieurs témoignages concordants font état de demandes de rançons ou d’amendes informelles exigées sur le terrain pour obtenir la libération des personnes retenues. Les sommes réclamées atteindraient parfois 200 000 Francs congolais.

À défaut de paiement immédiat, les personnes interpellées sont conduites vers des lieux de détention provisoire. Face à la multiplication de ces incidents de procédure, des appels se multiplient en direction des commandements militaires et des autorités urbaines afin d’obtenir une clarification du cadre légal de cette opération et de garantir l’encadrement des agents déployés.
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Daniel Faray

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