Le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) est monté au créneau le lundi 29 juin 2026 à Lubumbashi. En décortiquant le dernier rapport de l’organisation African Resources Watch (AFREWATCH), le mouvement pro-démocratie a vigoureusement dénoncé une « injustice institutionnalisée , un système où le train de vie des institutions étouffe le budget national, creusant un fossé vertigineux entre une oligarchie politique et la masse des agents publics. »
Animé par Louis Tshikonde et Prince Kilundu, cet atelier d’analyse de la gouvernance budgétaire de l’exercice 2024 a servi de tribune pour fustiger la répartition inique des ressources de l’État. Pour la LUCHA, le constat est sans appel : les richesses du pays sont captées au sommet au détriment du développement de la population.
S’appuyant sur l’enquête d’AFREWATCH, membre du consortium « Le Congo n’est pas à vendre » (CNPAV), le mouvement citoyen a mis à nu des écarts de rémunération qu’il qualifie de scandaleux : Le bas de l’échelle dans l’administration publique, le salaire de base initial stagne entre 240 720 FC pour un huissier et 390 439 FC pour un secrétaire général. À l’Enseignement Supérieur et Universitaire, la prime institutionnelle varie de 272 024 FC pour les agents de bureau à 4 406 429 FC pour les professeurs d’université. À l’autre extrême, les émoluments mensuels des mandataires publics s’envolent, oscillant entre 11 150 $ (notamment au FONAREV) et 32 000 $.
Face à cette fracture sociale, la LUCHA dénonce un budget national vampirisé par les privilèges politiques au détriment des investissements sociaux de base.
Pour démanteler ce système d’inégalités, le mouvement citoyen a formulé une série de recommandations fermes, s’apparentant à un véritable cahier de charges adressé aux décideurs.
Au Président de la République: Imposer une réduction drastique des avantages budgétaires non encadrés au nom de l’exemplarité institutionnelle. Abroger ou réviser d’urgence l’ordonnance conférant au cabinet présidentiel un statut parallèle à l’exécutif, et restituer immédiatement les services relevant des ministères sectoriels au gouvernement légitime. Réduire le train de vie de l’institution présidentielle à un plafond strict de 10 % de son budget de fonctionnement, avec l’obligation d’une transparence totale sur chaque ligne de dépense. Au Gouvernement : Créer sans délai un comité interministériel de régulation salariale pour imposer une grille unique, des équivalences de grades et un plafonnement rigoureux des primes. Réduire les dépenses de fonctionnement des ministères d’au moins 15 % pour réorienter ces fonds vers les secteurs sociaux. Publier systématiquement les états de suivi budgétaire (ESB) par administration. Au Parlement et aux Institutions de contrôle : Voter une loi instituant une Autorité nationale de régulation des rémunérations publiques pour centraliser les grilles et traquer les écarts injustifiés. Intensifier le contrôle sur les primes non permanentes et mener des audits annuels stricts sur les fonds de fonctionnement des institutions.
Le mouvement citoyen a conclu son réquisitoire en ciblant directement la gestion locale. La LUCHA a exprimé sa profonde indignation face au secret total qui entoure la gestion des institutions provinciales dans le Haut-Katanga. « Il est inadmissible et anormal que le salaire du Gouverneur Martin Kazembe et des membres de son gouvernement provincial reste caché à la population qui les finance, contrairement aux pratiques de transparence en vigueur sous d’autres cieux », a martelé le mouvement.
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Alfred MWEHU







