Acculé par la rumeur et sous le coup d’une demande de suspension unanime de l’Assemblée provinciale, Faustin Lumuluabu a pris la parole lors d’un point de presse. L’autorité urbaine de Tshikapa rejette en bloc les accusations et plaide pour un malentendu symbolique, tout en réclamant son droit constitutionnel à la défense.
Une feuille de carnet et non la Loi fondamentale : la ligne de défense du maire
Face à la tempête politique et médiatique qui secoue la province du Kasaï, le maire de Tshikapa a choisi de contre-attaquer. Devant les professionnels des médias, Faustin Lumuluabu a formellement démenti avoir détruit un exemplaire de la Constitution du 18 février 2006. Selon sa version des faits, le geste capturé par les caméras et massivement relayé sur Internet a été mal interprété, il affirme n’avoir déchiré qu’une simple feuille de son carnet de notes à titre purement illustratif et symbolique.
Pour désamorcer les critiques qui le dépeignent en rebelle institutionnel, l’autorité urbaine a mis en avant son profil académique et sa formation de juriste. « En ma qualité de scientifique, je ne peux pas déchirer un livre scientifique, quel qu’il soit. Avocat de mon état et enseignant de droit constitutionnel, je connais la portée de ce que l’on appelle la Constitution », a-t-il martelé, tentant ainsi de restaurer sa crédibilité auprès de l’opinion publique.
Une procédure biaisée ? Le Maire réclame son droit à la défense
La réaction de Faustin Lumuluabu s’adresse également, et de manière directe, aux députés provinciaux du Kasaï. Après le vote à l’unanimité d’une recommandation exigeant sa suspension immédiate par le Gouverneur, l’autorité urbaine crie à l’injustice procédurale, estimant que la précipitation de l’organe délibérant viole les principes élémentaires de l’État de droit, le Maire réclame le respect strict de son droit à la défense. Selon lui, les élus provinciaux auraient dû se conformer au principe du contradictoire en le convoquant pour être entendu avant de formuler une quelconque sanction administrative à l’endroit du gouvernorat.
Un soutien réaffirmé au projet de révision constitutionnelle
Si Faustin Lumuluabu nie avoir détruit le document physique, il ne cache en rien ses convictions politiques. En plein cœur d’un débat national hautement polarisé, le Maire de Tshikapa a assumé, sans la moindre ambiguïté, sa position en faveur d’un changement de la Constitution de la République.
Cette mise au point s’apparente à un exercice d’équilibriste politique : D’un côté, l’homme de droit défend le respect formel des textes et des procédures ; de l’autre, l’acteur politique réaffirme son alignement total avec la vision de la famille politique du Chef de l’État, Félix Tshisekedi. Reste à savoir si ces explications suffiront à convaincre le Gouverneur de province, désormais arbitre de ce feuilleton juridico-politique.
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Daniel Faray







