Réunis en séance plénière extraordinaire ce lundi, les députés provinciaux du Kasaï ont voté à l’unanimité la suspension du Maire Faustin Lumuluabu. Cette décision fait suite au scandale provoqué par l’autorité urbaine, filmée en train de déchirer publiquement la Constitution de la République.
Une plénière d’urgence et un vote sans équivoque
La réaction des élus du Kasaï a été fulgurante. Saisie dès la diffusion des images compromettantes, l’Assemblée provinciale a immédiatement inscrit cette affaire à l’ordre du jour de sa séance plénière. Après des débats houleux marqués par une indignation générale, les députés provinciaux ont recommandé à l’unanimité la mise à pied immédiate du Maire de la ville de Tshikapa, Faustin Lumuluabu. Signe de la gravité de l’acte et du consensus transpartisan qu’il a suscité, la recommandation a été adoptée sans aucune voix contre. Pour les élus du peuple, le comportement de l’autorité urbaine est inadmissible et jette le discrédit sur l’ensemble des institutions de la province.
Le sort de Faustin Lumuluabu entre les mains du Gouverneur
Bien que la volonté de l’organe délibérant soit claire, la procédure administrative doit suivre son cours légal. En RDC, les assemblées provinciales disposent d’un pouvoir de contrôle et de recommandation, mais l’exécution des sanctions disciplinaires à l’égard des animateurs de la territoriale relève du pouvoir exécutif.
La recommandation a donc été formellement transmise au Gouverneur de la province du Kasaï. Ce dernier est désormais le seul habilité par la loi à matérialiser cette mesure en signant l’arrêté de suspension. Dans les couloirs du gouvernorat, la pression est maximale : L’opinion publique et la société civile locale attendent une décision ferme pour restaurer l’autorité de l’État dans cette partie du pays.
Un signal fort envoyé en plein débat constitutionnel
Cet incident, désormais transformé en crise institutionnelle locale, intervient dans un contexte national hyper-sensible. Le projet de changement constitutionnel voulu par le pouvoir central suscite déjà de vives tensions à travers le pays. En proposant rapidement au Gouverneur de sanctionner Faustin Lumuluabu, l’Assemblée provinciale du Kasaï envoie un signal fort : Quelles que soient les convictions politiques ou les débats en cours, la Constitution reste le texte sacré et inviolable de la Nation tant qu’elle est en vigueur.
Pour les observateurs de la scène politique congolaise, cette affaire pourrait servir de jurisprudence et calmer les ardeurs de certains cadres territoriaux tentés par des postures de radicalisation face aux symboles de la République.
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Daniel Faray







