Un geste de rupture en plein meeting populaire
Le geste, d’une rare violence symbolique, a été filmé au cours d’un meeting populaire dans le chef-lieu de la province du Kasaï. Alors que le pays est déjà suspendu à la question d’une révision ou d’un changement de la constitution, cet acte pose la question de la posture des autorités urbaines face aux textes fondamentaux de la République. L’autorité urbaine de Tshikapa a franchi un cap symbolique qui ne cesse de faire réagir. Au cours d’un meeting populaire tenu dans le chef-lieu de la province du Kasaï, le maire de la ville a publiquement déchiré un exemplaire de la Constitution de la République démocratique du Congo. Selon des sources concordantes rapportant les faits ce lundi, l’acte a été posé devant une assistance stupéfaite, marquant une rupture radicale avec le devoir de réserve et de protection des symboles de l’État qui incombe aux gestionnaires de la territoriale.
La scène, immortalisée par plusieurs téléphones portables, s’est propagée comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. En l’espace de quelques heures, la vidéo est devenue virale sur X (ex-Twitter), Facebook et WhatsApp, suscitant une vague d’indignation au sein de l’opinion publique congolaise ainsi que dans la classe politique, toutes tendances confondues.
L’ombre du changement constitutionnel de Félix Tshisekedi
Ce dérapage s’inscrit dans un climat politique national déjà particulièrement lourd et polarisé. Depuis plusieurs mois, la RDC est traversée par un débat houleux autour du projet de changement ou de révision de la loi fondamentale du 18 février 2006, une initiative portée et défendue par le président Félix Tshisekedi et sa famille politique.
Si les partisans du pouvoir estiment que l’actuelle Constitution est « obsolète » et calquée sur des réalités étrangères, l’opposition et une franche partie de la société civile y voient plutôt une tentative de fragiliser les acquis démocratiques et d’ouvrir la voie à un élargissement des mandats présidentiels. En choisissant de détruire physiquement le texte sacré de la République, le maire de Tshikapa a, volontairement ou non, radicalisé le discours de sa famille politique sur le terrain, selon certains observateurs.
Une pluie de réactions et des interrogations juridiques
Au-delà de l’émoi suscité sur le plan moral, cet acte pose de sérieuses questions juridiques et administratives. Plusieurs constitutionnalistes et acteurs de la société civile rappellent que le maire, en tant que représentant de l’État et de l’autorité publique, prête serment de respecter et de faire respecter les lois de la République. Le fait de détruire ostensiblement la Constitution pourrait être qualifié de rébellion institutionnelle ou d’outrage aux symboles de la Nation.
À Kinshasa comme au niveau provincial, les regards se tournent désormais vers le ministère de l’Intérieur et des Affaires coutumières. Nombreux sont ceux qui réclament des sanctions disciplinaires immédiates, voire une révocation, à l’encontre de l’autorité urbaine de Tshikapa afin de décourager toute dérive similaire de la part d’autres cadres territoriaux.
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Daniel Faray







