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Révision constitutionnelle en RDC : Seth Kikuni qualifie la position de la CENCO de dernier avertissement à Félix Tshisekedi

La pression de l’opposition se fait de plus en plus lourde sur les épaules du pouvoir de Kinshasa, quelques heures après le verdict de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Dans une déclaration d’une rare virulence, l’opposant et ancien candidat à la présidentielle, Seth Kikuni, a salué le coup de semonce des évêques. Pour le leader politique, la déclaration de l’Église catholique constitue l’ultime rempart républicain face à ce qu’il qualifie de dérive dictatoriale.

D’abord, Seth Kikuni a exprimé son total alignement sur la rhétorique développée par les princes de l’Église, louant leur fermeté face au régime en place. Selon lui, l’intervention de l’institution cléricale arrive à un point de bascule où le silence aurait été synonyme de complicité face aux ambitions du camp présidentiel.

C’est pourquoi il s’est fendu d’un plaidoyer vibrant, reprenant à son compte les mots forts des évêques pour dénoncer la gestion actuelle de l’État : « Je salue la CENCO pour la clarté, le courage et la hauteur morale de sa prise de position. À un moment où, comme le rappellent les évêques, “la Nation est en péril”, il fallait une voix forte, une voix qui ne tremble pas, pour dire ce que beaucoup n’osent plus dire : On ne joue pas avec la Constitution, on ne confisque pas l’avenir d’un peuple, on ne transforme pas l’État en propriété privée ».

Ensuite, l’analyse de l’opposant se durcit lorsqu’il évoque la portée politique du message de la CENCO. Pour lui, les conclusions de l’Assemblée plénière extraordinaire des évêques ferment définitivement la porte à toute interprétation ambiguë ou compromise de la part des partisans du pouvoir.

Par conséquent, Seth Kikuni érige le texte de la CENCO en une sentence politique irrévocable visant directement le chef de l’État : « La CENCO le rappelle avec une précision qui ne laisse aucune échappatoire : il n’existe « ni nécessité, ni urgence, ni opportunité » de toucher à la Loi fondamentale. Ce n’est pas une opinion. C’est un mur dressé contre la dérive, un non catégorique opposé à ceux qui rêvent de contourner la constitution, un signal d’alarme, un garde‑fou républicain, un dernier avertissement adressé à Tshisekedi ».

Enfin, face à ce qu’il perçoit comme une menace existentielle pour la jeune démocratie congolaise, le président de Piste pour l’Émergence refuse le statut de simple observateur. Tout en appelant au respect de l’ordre établi, il durcit le ton et bascule vers une posture d’action et de résistance populaire.

En guise de conclusion, Seth Kikuni lance un mot d’ordre sans équivoque aux forces vives de la nation, empruntant les mots de l’hymne national pour appeler à une mobilisation générale : « En tant qu’opposant, je m’associe pleinement à cet appel à la vigilance, à la paix et au respect strict de l’ordre constitutionnel. Le Congo n’a pas besoin d’un nouveau cycle de crises, de tensions ou de dérives. Le Congo a besoin de stabilité et de dirigeants qui honorent leur serment au lieu de le contourner. Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons « dresser nos fronts », rassembler nos forces et chasser le tyran ».

La sortie médiatique de Seth Kikuni illustre à quel point la déclaration de la CENCO a servi de catalyseur pour une opposition congolaise autrefois dispersée, mais désormais unie derrière un mot d’ordre unique : Le rejet du changement constitutionnel. En qualifiant l’allocution des prélats de dernier avertissement, Kikuni montre que le débat a largement dépassé le cadre purement juridique pour glisser vers un terrain d’affrontement politique direct. Alors que le curseur de la tension politique monte d’un cran, la réaction de l’Union sacrée face à ces attaques frontales déterminera la trajectoire sécuritaire et sociale des prochains jours à Kinshasa.
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Daniel Faray

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