Quelques heures après la dispersion sanglante du rassemblement de l’opposition ce vendredi 12 juin 2026 sur le boulevard Triomphal à Kinshasa, le leader d’Ensemble pour la République, Moïse Katumbi, est sorti du silence. Dans une déclaration d’une virulence inédite, l’ancien gouverneur du Katanga a directement pointé la responsabilité du Chef de l’État, affirmant que ce dernier « a du sang sur les mains » face à ce qu’il qualifie d’agression orchestrée par des milices partisanes.
Alors que les têtes d’affiche de la coalition C64 pansent leurs plaies dans les hôpitaux de la capitale congolaise, la réaction de Moïse Katumbi apporte un poids politique lourd à la contestation. Pour le leader de l’opposition, l’usage de la force brute contre des citoyens non armés viole les principes démocratiques élémentaires.
Rejoignant les alertes lancées plus tôt par Seth Kikuni et Martin Fayulu, Moïse Katumbi a formellement accusé la Force du Progrès, la branche jugée radicale du parti au pouvoir, l’UDPS, d’avoir mené l’assaut contre les manifestants. L’opposant dénonce une collusion ouverte et assumée au sommet de l’appareil sécuritaire: « Marcher pacifiquement pour défendre la Constitution n’est pas un crime! Pourtant, aujourd’hui en RDC, des congolaises et des congolais qui exerçaient simplement leur droit de manifester ont été violemment attaqués par la milice de l’UDPS, la Force du Progrès, sous le regard complice des forces de l’ordre », dénonce Katumbi.
Face à ce chaos, le président d’Ensemble pour la République partage les mêmes inquiétudes que ses pairs sur le coût humain de cette journée, redoutant que le bilan ne s’alourdisse dans les prochaines heures. « Le bilan est lourd, de nombreux blessés, dont certains dans un état critique. Nous craignons également des pertes en vies humaines. Le Président porte une responsabilité écrasante dans ces violences et dans le climat de tension qu’il entretient dans notre pays. Ce soir, Félix Tshisekedi a du sang sur les mains », ponctue Katumbi.
Malgré la violence du choc et le traumatisme des leaders blessés par balles ou assiégés à leurs sièges, l’opposition ne semble pas vouloir plier le genou. Cette sortie de Moïse Katumbi sonne comme un mot d’ordre de remobilisation pour les jours à venir.« Face à la sauvagerie, nous ne reculerons pas ! », prévient-il, avant de réaffirmer l’ancrage de la coalition dans la non-violence. « Nous continuerons à nous battre, par des moyens pacifiques et démocratiques, pour défendre la Constitution, nos libertés et l’avenir de la RDC ».
Alors que la nuit tombe sur Kinshasa, le silence persistant des autorités face à ces accusations de complicité milicienne et à l’hospitalisation de leaders majeurs de l’échiquier politique fait craindre une escalade de la crise, estiment d’aucuns.
Le pays entre, ce vendredi soir, dans une zone de fortes turbulences politiques, selon les observateurs.
___
Daniel Faray





