Le climat politique se tend brutalement au sein de l’Action pour la Rupture et le Développement (ARDEV) dans la province du Haut-Katanga. Ce mercredi 10 juin 2026, une audience accordée au gouvernorat par le Gouverneur intérimaire Martin Kazembe, a mis le feu aux poudres. Ce dernier a reçu une délégation composée de députés provinciaux et de cadres du parti issus de la dissidence, une aile dirigée par John Ngandu Kaswamanga. Une démarche qui a immédiatement provoqué la colère noire de l’état-major du parti.
La réaction de l’aile fidèle à Jacques Kyabula Katwe ne s’est pas fait attendre. Hubert Mwamba, Secrétaire Général du parti, est immédiatement monté au créneau pour dénoncer avec véhémence ce qu’il qualifie de tentative de déstabilisation de la formation politique.
Dans une correspondance officielle adressée directement à l’autorité provinciale, le secrétariat général a tenu à remettre les pendules à l’heure. Le document rappelle de manière ferme que les initiatives entreprises par certains cadres frondeurs, à l’instar de Jean Nsaka, n’engagent en aucun cas l’ARDEV, faute de mandat régulier. Pour la hiérarchie du parti, le respect scrupuleux des statuts et des procédures internes de l’organisation n’est pas négociable.
Au-delà de la contestation de cette audience, c’est une véritable bataille de légitimité qui se joue désormais au grand jour. Pour couper court à toute confusion dans l’opinion publique, le camp Kyabula a réaffirmé avec force que le seul Interfédéral légalement désigné et reconnu par les textes fondateurs de l’ARDEV demeure le député Samuel Kilolo.
Craignant que ces tiraillements politiques ne dégénèrent sur le terrain, le secrétariat général a formellement requis auprès des autorités la sécurisation du siège provincial du parti, afin de prévenir d’éventuels actes de vandalisme ou des affrontements entre militants des deux camps.
Cette sortie médiatique au vitriol met en lumière des fractures internes profondes qui semblent désormais irréversibles au sein de l’ARDEV dans le Haut-Katanga. À l’approche des grandes échéances politiques, cette guerre de leadership pour le contrôle de l’appareil du parti fragilise la cohésion de la formation. Reste à savoir si le gouverneur intérimaire Martin Kazembe choisira de jouer la carte de la médiation ou si cette audience va sceller définitivement le divorce entre les deux ailes rivales, estiment d’aucuns.
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Daniel Faray





