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Lubumbashi : Quand les crépitements d’armes se substituent au chant du coq au quartier Golf Maisha

À Lubumbashi, l’insécurité dicte désormais son propre calendrier, bousculant les habitudes des habitants et franchissant un nouveau palier dans l’audace. Ce mercredi 10 juin 2026, c’est à 4h30 précises, à l’heure où le chant du coq annonce traditionnellement les premières lueurs de l’aube, que le paisible quartier Golf Maisha a été brutalement tiré de son sommeil. En lieu et place de la sérénité matinale, ce sont de lourdes et fracassantes détonations d’armes à feu qui ont déchiré l’air, plongeant instantanément des centaines de familles dans l’effroi.

Ce qui choque et interpelle profondément la population locale, c’est le cynisme et la temporalité de cette attaque. Les bandits n’attendent plus le cœur de la nuit ni l’épaisseur des ténèbres pour opérer à l’abri des regards. Ils s’imposent désormais au petit matin, à un horaire où les maraîchers, les travailleurs matinaux et les étudiants s’apprêtent à démarrer leur journée. Cette transition d’une criminalité nocturne vers des assauts menés au vu et au su de tous témoigne d’un sentiment d’impunité grandissant chez ces hors-la-loi, qui semblent ne plus craindre la lumière du jour.

Face à cette démonstration de force criminelle, la colère des résidents de Golf Maisha est à la mesure de leur frayeur. Alors que les tirs nourris résonnaient et que le danger était imminent, les habitants ont une nouvelle fois déploré l’absence totale des forces de l’ordre. Aucun gyrophare, aucune patrouille n’est venue interrompre la folie des assaillants. Ce manque cruel d’intervention de la police nationale, jugée impuissante ou désespérément absente au moment critique, exaspère une population qui se sent abandonnée à son triste sort.

Cette énième incursion armée repose avec acuité la question de l’efficacité des plans de sécurisation de la capitale du cuivre. Si les autorités multiplient régulièrement les déclarations rassurantes, la réalité du terrain montre des bandes armées capables de défier l’État aux heures les plus improbables. Pour les notables et les citoyens de Lubumbashi, il y a urgence : Sans une réadaptation immédiate des stratégies de patrouille et une présence policière visible dès l’aube, le réveil des Lushois risquerait, à l’avenir, de ressembler de plus en plus à un cauchemar éveillé.

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Daniel Faray

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