Les soupçons s’accentuent en RDC : « Le 3e mandat est périmé » ponctue Jean-Claude Katende
Entre projet de changement constitutionnel et soupçons de troisième mandat, la société civile et les partis d’opposition continuent de hausser le ton pour faire barrage à un processus largement décrié.
Le président national de l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme (ASADHO), Jean-Claude Katende, a annoncé, 28 avril 2026, le lancement imminent d’une campagne baptisée : « Le troisième mandat est périmé ».
Cette annonce intervient dans un contexte de profonde division au sein de la classe politique congolaise autour de la question du changement de la Constitution.
Du côté du pouvoir, certains cadres avancent une lecture différente de la fonction présidentielle. Le président serait élu pour une mission, et non pour un mandat. Ils estiment que Félix Tshisekedi aurait été élu pour accomplir une mission prioritaire, celle de rétablir la paix sur l’ensemble du territoire, notamment dans l’Est du pays, en proie à des conflits armés depuis plus de trente ans. Selon cette approche, deux mandats ne suffiraient pas pour atteindre cet objectif. Une continuité à la tête de l’État serait envisageable.
Face à cette position, l’opposition dénonce une violation flagrante de la Constitution. Elle rappelle que le président de la République est élu pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois.
L’Article 70 de la Constitution stipule :
« Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. À la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu ».
Pour ces leaders d’opinion, il est impératif que Félix Tshisekedi passe le relais en 2028. Toute tentative de modification ou de révision visant à prolonger le mandat présidentiel constituerait une dérive grave aux principes démocratiques. « Non au troisième mandat. Le dire n’est pas une infraction », a déclaré Jean-Claude Katende.
De son côté, la plateforme Lamuka a récemment condamné toute initiative de changement ou de révision constitutionnelle. Elle qualifie une telle démarche d’acte de rébellion, la comparant à celle du mouvement AFC/M23.
À mesure que l’échéance de 2028 approche, le débat sur le respect de la Constitution et l’alternance démocratique s’annonce de plus en plus tendu, d’autant plus que la Commission électorale nationale indépendante ferait déjà face à d’importants défis logistiques dans l’organisation des élections.
________________
Junior Numbi
