Dans la foulée de la prise de position tranchée de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), les réactions politiques continuent de secouer l’espace public. L’opposant Delly Sesanga, leader d’Envol, est monté au créneau pour appuyer la démarche des évêques. Il prévient qu’un forcing constitutionnel, en pleine crise sécuritaire à l’Est, équivaudrait à un suicide collectif pour la République démocratique du Congo.
D’abord, Delly Sesanga a exprimé sa totale convergence de vue avec la hiérarchie catholique, qu’il considère comme le dernier rempart éthique du pays. Pour l’ancien candidat à la présidentielle, l’heure n’est plus aux calculs politiciens mais à la sauvegarde des acquis démocratiques.
C’est pourquoi il s’est fendu d’un vibrant hommage à l’épiscopat, tout en dressant un tableau sombre de la situation actuelle de la Nation : « Je salue la position courageuse de la CENCO. Notre pays traverse l’une des heures les plus graves de son histoire. Face à cette épreuve, la CENCO rappelle une vérité fondamentale : lorsque la Nation est en péril, on ne change pas les règles du pacte républicain. On défend la patrie. Ni nécessité. Ni urgence. Ni opportunité de changer la Constitution. Toucher aujourd’hui au pacte constitutionnel, c’est ajouter délibérément une crise politique à une crise sécuritaire déjà existentielle pour la République, qui lutte pour sa survie » avertit Sesanga.
Ensuite, l’analyse de Delly Sesanga se fait plus incisive sur les conséquences directes d’un changement de la loi fondamentale de 2006. Selon lui, ce texte juridique n’est pas un simple document technique, mais le ciment qui a mis fin aux décennies de guerres civiles et de rébellions en RDC. Revenir dessus équivaudrait à ouvrir la boîte de Pandore.
Par conséquent, il met en garde les initiateurs de ce projet contre un retour en arrière sanglant, rappelant le rôle historique de l’actuelle Constitution : « L’Histoire sera implacable envers ceux qui auront préféré les ambitions de pouvoir à la défense de la Nation. Au moment où notre intégrité territoriale est menacée, ouvrir un processus de changement constitutionnel, c’est prendre la responsabilité d’ouvrir les fractures que la Constitution de 2006 avait précisément pour vocation de refermer : divisions identitaires, revendications séparatistes, logiques d’autodétermination et conflits communautaires. La Constitution de 2006 a permis de substituer la force du droit au droit de la force. Ceux qui entreprennent aujourd’hui de la fragiliser prennent une lourde responsabilité devant la Nation et devant l’Histoire ».
Enfin, face au rouleau compresseur de la majorité au pouvoir qui multiplie les campagnes de sensibilisation, l’opposant refuse de céder à la fatalité. Néanmoins, il estime qu’un consensus est encore possible si les dirigeants actuels acceptent de placer l’intérêt supérieur de la patrie au-dessus de leurs agendas personnels.
En guise de conclusion, Delly Sesanga lance un appel solennel à la classe politique pour éviter un point de non-retour :« Quand la patrie est menacée, le devoir commande de la rassembler, non de la diviser. Il est encore temps ! Écoutons la voix de la sagesse ».
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Daniel Faray







