RDC : Constitution, troisième mandat, élections… les vérités de Félix Tshisekedi face à la presse congolaise
Devant un parterre des journalistes réunis mercredi 6 mai à la cité de l’OUA, le président de la République Felix Tshisekedi a abordé sans détour plusieurs dossiers brûlants qui dessinent déjà les contours de l’avenir politique du pays. Entre ouverture au débat constitutionnel, position nuancée sur un éventuel troisième mandat et inquiétudes liées à la guerre à l’Est, son intervention marque un tournant stratégique. La rédaction de Gouverne.info vous fait les grandes lignes de cet échange d’environ 3 heures.
Sur le changement de la constitution :
Cela sera « Une réforme assumée, mais encadrée ».
Sur la question sensible d’un possible changement de Constitution, le chef de l’État n’a pas esquivé. Il a rappelé que cette idée n’est pas nouvelle dans son camp politique, évoquant une position historique de l’UDPS.
Plutôt que d’imposer une direction, il plaide pour un débat national structuré, insistant sur la nécessité de procéder avec méthode, transparence et sérieux. Pour lui, aucun sujet d’intérêt national ne doit être tabou, à condition qu’il soit abordé de manière responsable.
Sur la possibilité de briguer un toisième mandat
Interrogé sur ses intentions personnelles, Félix Tshisekedi adopte une posture prudente, mais lourde de sens. Il affirme ne pas être demandeur d’un troisième mandat, tout en laissant entendre qu’il pourrait répondre à une volonté populaire.
Guerre à l’Est : une menace directe sur 2028
C’est sans doute l’un des points les plus préoccupants de son intervention. Le Président établit un lien clair entre la situation sécuritaire et le calendrier électoral.
Si le conflit dans l’Est du pays n’est pas maîtrisé, l’organisation des élections prévues en 2028 pourrait devenir impossible. Une déclaration forte qui met en lumière : La gravité persistante de la crise sécuritaire
et ses conséquences institutionnelles potentielles. Un peu plus tôt le Président Tshisekedi avait sévèrement prévenu sur un ton ferme : Tant qu’un seul territoire, une seule région, une seule localité… sera sous occupation des rebelles, je considérerai ma mission non accomplie.
Par ailleurs, cet échange reste visibilement un discours entre ouverture et calcul politique en vue des prochaines aventures électorales.
À travers cette prise de parole, le Président a réellement adopté une ligne équilibrée constituée de l’ouverture au débat sur les grandes réformes, la
prudence sur ses ambitions personnelles et la fermeté sur les enjeux sécuritaires.
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Gédéon Mbikayi
