Les sanctions administratives tombent à la Direction générale de migration (DGM) dans un climat de vive tension politique. Joseph Wembo Luhata, agent affecté au poste frontalier stratégique de Kasumbalesa, a été suspendu de ses fonctions avec effet immédiat.
La décision a été formalisée par une correspondance de la hiérarchie de ce service public, consécutive à son absence constatée le mercredi 3 juin lors d’une inspection de terrain menée par la maire adjointe de la ville. Au-delà du simple manquement administratif, cette absence prend une résonance éminemment politique au vu du contexte de la journée de mercredi.
En effet, la journée du mercredi 03 juin était décrétée ville morte par les forces de l’opposition. À l’inverse, la plateforme au pouvoir, l’Union sacrée, avait vigoureusement appelé la population et les fonctionnaires à vaquer normalement à leurs occupations, réaffirmant le caractère ordinaire de cette journée.
Dans ce contexte de polarisation, le fait pour cet agent public de ne pas s’être présenté à son poste est interprété par sa hiérarchie comme un alignement de fait sur le mot d’ordre de l’opposition, estime un analyste politique.
Pour les autorités locales, cet abandon de poste au sein d’un service aussi stratégique que la DGM s’apparente à un acte de boycott des consignes officielles de l’État.
Le poste frontalier de Kasumbalesa, véritable poumon économique et point de transit majeur dans la province du Haut-Katanga, fait actuellement l’objet d’un suivi sécuritaire rigoureux. Dans cette zone névralgique, l’assiduité des agents de l’État est considérée par la hiérarchie comme une obligation républicaine stricte, particulièrement lors des journées de contestation politique où la vigilance migratoire doit être maximale.
La hiérarchie de la DGM précise que cette suspension constitue une mesure conservatoire. Elle restera en vigueur jusqu’à nouvel ordre. Une procédure disciplinaire devrait être ouverte pour examiner le dossier et permettre à l’agent de présenter ses moyens de défense, conformément au statut des agents de carrière de l’État, afin de déterminer si cette absence relevait d’une contrainte logistique ou d’un choix délibéré.
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Daniel Faray





