Alors que la question de la révision constitutionnelle divise la classe politique et les acteurs sociaux, l’Église catholique a entamé sa propre démarche de consultation avant de rendre sa position officielle sur ce débat constitutionnel.
Dans un contexte marqué par de fortes tensions autour de cette question, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a organisé, jeudi 18 juin 2026, une assemblée plénière extraordinaire réunissant plusieurs acteurs politiques et sociaux, avec pour objectif de recueillir les différentes opinions sur l’éventualité d’un changement de la Constitution du 18 février 2006.
Parmi les personnalités invitées, la présence de l’opposant Delly Sesanga, Président du parti Envol et membre de la coalition C64, a particulièrement retenu l’attention.
Devant les évêques catholiques, l’opposant a réaffirmé son attachement à la Constitution actuelle, qu’il considère comme le fondement du pacte républicain congolais.
« Nous défendons la Constitution du 18 février parce qu’elle constitue un pacte social », a-t-il déclaré.
Pour Delly Sesanga, les arguments avancés par les partisans de la majorité présidentielle en faveur d’une révision constitutionnelle ne répondent pas aux véritables défis auxquels le pays est confronté. Il estime en outre que toute initiative visant à modifier la Loi fondamentale dans le contexte actuel se heurterait à des obstacles juridiques et politiques majeurs, notamment en raison de la situation sécuritaire persistante dans l’Est du pays. Selon lui, la Constitution elle-même interdit toute révision en période d’état de siège ou d’état d’urgence. Or, plusieurs provinces de l’Est du pays demeurent sous état de siège. « Comment peut-on imaginer que, dans un pays en guerre, déchiré, on puisse parler de changer la Constitution ? », s’est-il interrogé.
Selon ce cadre de la C64, les priorités de la République démocratique du Congo demeurent la restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, la lutte contre la corruption, l’amélioration de l’accès à l’éducation et aux soins de santé, ainsi que le renforcement de la gouvernance publique.
« Le problème fondamental du Congo n’est pas l’absence de normes, mais la difficulté persistante de ceux qui gouvernent à respecter les normes existantes », a-t-il insisté.
Cette consultation organisée par la CENCO intervient alors que le débat sur le référendum est déjà clos dans les deux chambres du Parlement. Ces dernières semaines, la proposition de loi fixant les modalités d’organisation du référendum a été approuvée à une large majorité à l’Assemblée nationale avant d’être également adoptée par le Sénat, ouvrant ainsi la voie à son harmonisation.
Selon ses promoteurs, cette loi, en attente de sa promulgation par le Chef de l’État, vise à combler un vide juridique en encadrant un mécanisme déjà prévu par la Constitution. Toutefois, l’opposition y voit une démarche destinée à préparer le terrain à une éventuelle révision constitutionnelle et à ouvrir la voie à un nouveau mandat pour le Président Félix Tshisekedi.
Face à cette évolution, plusieurs formations politiques opposées au projet continuent de multiplier les prises de position et les manifestations publiques afin d’exprimer leur désaccord. La position que rendra prochainement la CENCO pourrait peser davantage dans un débat qui continue de diviser l’opinion nationale.
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Junior Numbi





