Élections 2028 en RDC : Entre blocages budgétaires et révision constitutionnelle, l’opposant Tshivuadi alerte sur une dérive dictatoriale

Élections 2028 en RDC : Entre blocages budgétaires et révision constitutionnelle, l’opposant Tshivuadi alerte sur une dérive dictatoriale

Le spectre d’un glissement électoral en 2028 se précise en République Démocratique du Congo. Alors que les signaux d’alarme s’accumulent du côté de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), le débat politique s’enflamme autour d’un possible changement de Constitution. Pour l’opposant Tshivuadi Mukwalukusa, le régime prépare un  hold-up démocratique.

La CENI dans l’impasse : Un tableau sombre

Le dernier rapport annuel de la centrale électorale est sans appel. La tenue du scrutin de 2028 est aujourd’hui hypothéquée par des obstacles logistiques et financiers majeurs. Entre un financement public plafonnant à moins de 50 %, la destruction massive de matériels lors de l’incendie de novembre 2025 et l’insécurité chronique dans l’Est du pays, la CENI semble désarmée. À cela s’ajoutent des pillages récents dans 18 provinces, fragilisant davantage une logistique déjà précaire.

Vers un changement de Constitution ?

Dans la majorité, le ton change. Interrogé sur les ondes de Radio France Internationale (RFI), le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Jean-Claude Isaac Tshilumbayi, a jeté un pavé dans la mare. Selon lui, les élections de 2028 ne sont plus à l’ordre du jour, justifiant cela par la nécessité de réviser la Constitution pour remédier au dysfonctionnement des institutions provinciales.

L’analyse incisive de Tshivuadi Mukwalukusa

Face à ces velléités, la rédaction de Gouverne.com a recueilli l’analyse de Tshivuadi Mukwalukusa, président du Forum pour la Gouvernance Démocratique Réelle (FGDR), un laboratoire d’analyses politiques. Sa lecture de la crise est radicale : « La Constitution n’est qu’un texte, ce sont les hommes qui l’appliquent », tranche-t-il d’emblée. Pour cet opposant, le problème ne réside pas dans la loi fondamentale, mais dans le régime en place qu’il accuse d’ingérences intempestives, citant notamment les tensions entre Kinshasa et le Haut-Katanga.

Tshivuadi Mukwalukusa Président du FGDR

Tshivuadi Mukwalukusa ne croit pas à l’argument de l’impossibilité logistique. Pour lui, il s’agit d’un manque de volonté politique délibéré : « Le régime n’a aucune volonté de voir les élections se tenir en 2028. Le bilan est négatif, et les élections constituent désormais un danger pour eux ».

L’opposant prévient que l’opposition, bien que  martyrisée et humiliée , saura faire front. Il brandit notamment la menace d’une mobilisation populaire : « Une fois unie, l’opposition fera parler la rue », ponctue-t-il.

Tshivuadi Mukwalukusa met en garde contre les conséquences d’un report sine die des scrutins : « Si le pouvoir n’organise pas les élections dans les délais, il signera la partition du pays. C’est un crime que les Congolais ne pardonneront jamais ».

Pourtant, l’histoire récente montre que les défis sécuritaires n’empêchent pas toujours le vote. En 2018, malgré une perte de contrôle administratif dans plusieurs zones locales, l’État congolais avait réussi à organiser les élections sur la quasi-totalité du territoire. Huit ans plus tard, l’argument sécuritaire suffira-t-il à justifier un report ? La bataille politique ne fait que commencer, prévient cet acteur politique.

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Filbert Kipasu

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