Insécurité à Lubumbashi : La société civile alerte sur une vague de braquages ciblant les cambistes
En République Démocratique du Congo, la structure Gouvernance Sécuritaire et Paix , issue du cadre de concertation de la société civile, tire la sonnette d’alarme face à la multiplication des attaques à main armée dans le chef-lieu du Haut-Katanga. Les commerces de transfert d’argent et les cambistes sont les cibles principales d’un mode opératoire bien rodé.
En effet, la criminalité urbaine franchit un nouveau palier à Lubumbashi. Le vendredi 15 mai 2026, aux alentours de 11 heures, un point de vente d’unités et de transfert d’argent, propriété du commerçant Horeb Mbumb, a été la cible d’un assaut violent dans le quartier Golf Faustin.
Selon les premiers éléments disponibles, les assaillants ont fait irruption dans l’établissement avant de faire main basse sur une forte somme d’argent liquide ainsi que sur plusieurs téléphones professionnels, indispensables à l’activité de la victime.
Dans un communiqué officiel rendu public par Bertin Tshoz, responsable de la thématique Gouvernance Sécuritaire et Paix, les détails de l’attaque mettent en lumière un mode opératoire particulièrement inquiétant. L’opération a été menée par trois individus armés, vêtus de tenues militaires et circulant à bord d’une moto, un moyen de transport qui leur permet de s’enfuir rapidement dans les artères de la ville.
Loin d’être un cas isolé, ce braquage s’inscrit dans une série noire. La société civile rapporte que des faits similaires ont été enregistrés le même jour dans le quartier Kabulameshi, ainsi que la veille, le jeudi 14 mai, sur la route de contournement, témoignant d’une véritable escalade de l’insécurité.
Face à cette psychose naissante qui paralyse l’activité économique des petits entrepreneurs, la société civile monte au créneau. Elle exhorte la population lushoise, et plus particulièrement les tenanciers de shops et de cabines téléphoniques, à redoubler de vigilance dans l’exercice de leurs fonctions.
Sur le plan institutionnel, la structure interpelle directement le commandement de la 22ᵉ Région militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Elle exige l’ouverture immédiate d’enquêtes rigoureuses afin d’identifier, de traquer et de sanctionner sévèrement les auteurs de ces délits. Pour l’organisation, l’implication présumée d’hommes en uniforme militaire constitue non seulement une menace directe pour les civils, mais elle ternit gravement l’image et la crédibilité de l’armée loyaliste auprès de la population.
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Daniel Faray
