Corridor de Lobito : La modernisation ferroviaire au cœur d’une stratégie de connectivité durable en RDC

Corridor de Lobito : La modernisation ferroviaire au cœur d’une stratégie de connectivité durable en RDC

La modernisation du Corridor de Lobito peut constituer un levier majeur pour une connectivité durable et inclusive en République Démocratique du Congo, tant au niveau national que régional. Cette problématique a été au centre d’un panel stratégique auquel a pris part le Directeur général de la Société Nationale des Chemins de fer du Congo (SNCC), Fabien Mutomb.

Fabien Mutomb Directeur Général de la SNCC

Lors des échanges, le responsable a insisté sur le rôle central du rail dans la valorisation des ressources naturelles du pays, notamment le cuivre, le cobalt et le zinc, « Sans chemin de fer dans un pays comme le nôtre, on ne peut pas parler de développement », a-t-il affirmé, soulignant que les richesses de la RDC restent largement inexploitées faute d’infrastructures de transport efficaces.
Avec un réseau ferroviaire de 3 641 kilomètres reliant à la fois l’océan Atlantique et l’océan Indien, la SNCC dispose d’un potentiel stratégique considérable. Toutefois, près de la moitié de ces infrastructures est aujourd’hui dans un état de délabrement avancé, limitant fortement les capacités logistiques du pays. Le Directeur général a rappelé que la modernisation du rail exige des investissements massifs, estimés en milliards de dollars.

À titre de comparaison, l’Angola a investi près de 3 milliards de dollars pour moderniser son réseau ferroviaire, doté de rails plus performants (54 kg/m), contrairement à ceux de la RDC (29 kg/m), moins adaptés aux locomotives modernes.

Malgré ces défis, la SNCC a amorcé des efforts de réhabilitation, notamment sur l’axe Kolwezi-Dilolo, segment clé du Corridor de Lobito. À ce jour, 19 kilomètres sur les 80 prévus ont été réhabilités. Par ailleurs, 8 800 tonnes de rails sont disponibles à Dilolo pour renforcer la section Divuma-Dilolo, ce qui devrait améliorer la vitesse commerciale et accroître les revenus liés au trafic ferroviaire.

Au-delà des infrastructures, Fabien Mutomb plaide pour une approche régionale coordonnée, « On ne peut pas parler du chemin de fer si chaque pays reste dans son circuit fermé », a-t-il déclaré, appelant à la mise en place d’un cadre de coopération internationale pour optimiser les corridors de transport.

Dans cette dynamique, la SNCC mise également sur des réformes internes, notamment la mise en place d’une redevance logistique destinée à financer la réhabilitation du réseau, ainsi que l’ouverture à des partenariats publics et privés. Ce modèle de collaboration permet à l’entreprise de conserver jusqu’à 60 % de participation dans certaines opérations.

Le Directeur général a aussi insisté sur la nécessité de créer des synergies entre les différents corridors régionaux, y compris le corridor central reliant la Tanzanie, le Burundi et l’Ouganda, avec une connexion vers Kalemie en RDC.

Il a rappelé la supériorité logistique du rail par rapport à la route expliquant qu’une locomotive peut transporter jusqu’à 1 000 tonnes en unité multiple, contre environ 30 tonnes pour un camion. Un argument clé pour repositionner le chemin de fer comme pilier du développement économique du pays.
Dans ce contexte, la relance du transport ferroviaire apparaît comme une condition indispensable pour transformer le potentiel minier de la RDC en véritable moteur de croissance durable.
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Trésor Kasamba

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