RDC : L’Assemblée nationale va examiner la motion de défiance contre Jacquemain Shabani ce 27 avril
Malgré les pressions politiques et les controverses juridiques entourant la procédure, la Conférence des présidents de la Chambre basse a acté l’examen en plénière de la motion visant le Vice-Premier ministre de l’Intérieur.
Le bras de fer entre une partie du législatif et le patron de la sécurité nationale entre dans sa phase décisive. Réunie ce jour, la conférence des présidents de l’Assemblée nationale a officiellement inscrit à l’ordre du jour de la plénière du lundi 27 avril la motion de défiance dirigée contre Jacquemain Shabani Lukoo, Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité et des Affaires coutumières.
À l’origine de cette initiative, on retrouve le député Laddy Yangotikala, élu de Kisangani (Tshopo). Bien que membre de l’Union Sacrée (plateforme présidentielle), l’élu ne décolère pas. Déposée le 13 avril dernier, sa motion dresse un réquisitoire sévère contre le patron de la territoriale: Incompétence présumée face à la recrudescence de l’insécurité sur le territoire national ; Entrave au contrôle parlementaire et mépris de la séparation des pouvoirs ; Abus d’autorité à des fins de positionnement partisan.
« Malgré les tentatives d’obstruction, nous avons estimé nécessaire que la plénière, souveraine, puisse se prononcer », a glissé sous couvert d’anonymat un membre du bureau de la Chambre basse.
Si le rendez-vous est pris pour lundi, le chemin a été semé d’embûches. Les derniers jours ont été marqués par une guerre de tranchées au sein de l’hémicycle. Selon plusieurs sources parlementaires, de nombreux signataires auraient subi de fortes pressions de la part de leurs états-majors politiques pour se rétracter.
Plus grave encore, la bataille s’est déplacée sur le terrain judiciaire. Une plainte pour faux en écriture a été déposée devant le Parquet général près la Cour de cassation contre l’initiateur de la motion. Certains élus affirment en effet n’avoir jamais apposé leur signature sur le document incriminé.
Dans l’entourage de Jacquemain Shabani, on dénonce une cabale politique et des règlements de comptes internes. Le camp du ministre pointe du doigt des manœuvres orchestrées par certains caciques de l’UDPS, le parti présidentiel, révélant ainsi des fissures au sein même de la famille politique du Chef de l’État.
Le rendez-vous du 27 avril s’annonce donc électrique. Il s’agira d’un test majeur pour la cohésion de la majorité parlementaire et pour l’avenir de celui qui occupe l’un des postes les plus régaliens du gouvernement Suminwa.
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Daniel FARAY
