RDC : Quand des commerçants expatriés de Lubumbashi défient le jour férié du 06 avril

RDC : Quand des commerçants expatriés de Lubumbashi défient le jour férié du 06 avril

Alors que la République Démocratique du Congo commémore ce lundi 06 avril 2026 la Journée du Combat de Simon Kimbangu et de la Conscience Africaine, le constat sur le terrain à Lubumbashi est amer. Dans certains quartiers, des opérateurs économiques expatriés ont choisi de passer outre la décision du gouvernement central, imposant à leurs employés un régime de travail ordinaire au mépris de la loi.

Ce lundi 06 avril, il est 12h30,  nos reporters effectuent la randonnée sur la ville , alors que la nation entière observe une journée chômée et payée, une partie du secteur commercial tenu par des expatriés a délibérément bafoué la mesure du ministère de l’Emploi, du Travail et de la prévoyance Sociale.

Par exemple au quartier Golf Faustin, le constat est frappant. Sur la route Munua, le décor matinal n’avait rien d’un jour férié , rideaux de fer levés, citernes et tôles exposés, les transactions sont  en cours et les activités fleurissent. Ici, certains opérateurs économiques ont vaqué à leurs occupations habituelles sans la moindre gêne, ignorant superbement le caractère légal et symbolique de cette date.

Plus inquiétant encore est le sort réservé à la main-d’œuvre locale. Sous la menace voilée d’un licenciement ou de sanctions disciplinaires, de nombreux travailleurs congolais, surnommés ici les tirailleurs du quotidien se sont vus contraints de se présenter à leurs postes.

Une présence forcée qui souligne la vulnérabilité des employés face à des employeurs qui semblent se croire au-dessus des lois de la République, dénonce un membre de la société civile locale rencontré par gouverne.info : « Ce manque de considération pour les décisions de Kinshasa pose une question fondamentale, celle de l’autorité de l’État et du suivi des mesures administratives en province. Entre quête de profit et non-respect du calendrier civil, ces commerçants s’exposent désormais à la rigueur des services de l’Inspection du Travail, dont l’intervention est vivement attendue par l’opinion publique lushoise » martèle cet activiste de la société civile.

Cette insubordination ne s’arrête pas aux frontières du Haut-Katanga, selon le constat. À travers les grandes villes de la RDC comme Kolwezi et même Kinshasa, le 06 avril a été, pour beaucoup de commerçants expatriés, un lundi comme les autres. Une situation qui perdure sous l’œil passif, sinon impuissant, de décideurs dont les communiqués officiels peinent désormais à franchir le seuil des bureaux climatisés pour s’imposer dans la rue.

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Daniel Faray

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